La révélation d’Arès



Un FONDATEUR au parcours sinueux : Michel POTAY


Né à Suresnes en 1929, Michel POTAY, muni d’un diplôme d’ingénieur, travaille d’abord à Paris puis à Lyon où il assure pendant quelques années, la direction d’une entreprise . En 1964, il abandonne l’industrie et ouvre un cabinet comme “ occultiste professionnel et psychothérapeute ” sous le pseudonyme de Mickaël BERKELEY. C’est la première bifurcation d’un itinéraire qui en comprendra plusieurs.


Il fréquente avec sa mère des groupes spirites à la mort de son père. Progressivement, tout en poursuivant ses activités thérapeutiques qu’il gardera longtemps, il retrouve la foi chrétienne dans l’orthodoxie. Il se marie en 1966, ferme son cabinet lyonnais en 1968 et l’année suivante est ordonné diacre en la paroisse Saint Irenée à Paris par Mgr. KOVALEVSKY, fondateur de l’Eglise catholique orthodoxe de France (E.C.O.F.).


Il s’installe à Bourges et y fonde la paroisse de la Trinité. Mais, à la mort de Mgr KOVALEVSKY , il quitte l’E.C.O.F. et s’efforce en vain de faire reconnaître sa communauté par le patriarchat de Moscou.


En 1971, il adhère à “ l’Eglise vivante ” née en 1922 d’un schisme dans l’orthodoxie russe favorisé par le pouvoir soviétique. C’est dans cette Eglise qu’il aurait été ordonné prêtre le 14 avril 1971 et évêque, le lendemain, à Darma en Grèce. Il est promu exarque de l’Eglise vivante pour l’Europe occidentale mais son épiscopat est déclaré “ inexistant ” par le comité interépiscopal ordhodoxe de France.


En 1973, nouveau virage, cette fois décisif. Lassé des pressions politiques qui s’exercent sur lui, il démissionne de l’exarquat tout en demeurant évêque au sein d’une “ Eglise vivante ” qui s’étiole . Il achète à Arès en Gironde un ancien hôtel où il s’installe avec son épouse et ses enfants, le 3 janvier 1974. C’est là que deux semaines plus tard , tout va commencer.



LA REVELATION, elle va se faire en deux temps :


L’Evangile donné à Arès - du 15 janvier au 19 avril 1974, dans un bâtiment appelé depuis “ La Maison de la Révélation ”, Jésus se manifeste à Michel POTAY à quarante reprises toujours la nuit et dicte des messages qu’il est chargé de transcrire. Il les publie fin 1974 sous le titre “ l’Evangile donné à Arès ” dans lequel il ne se situe plus comme évêque mais comme “ un pèlerin qui a rencontré son Seigneur à Arès ”. Il clôt ainsi une lignée de prophètes comme Moïse, Isaïe, Jésus et Mohamet. C’est le cinquième évangile composé de quarante chapitres appelés “ veillées ” et divisés en versets à la manière de la Bible.


 Le Livre - du 2 octobre au 22 novembre 1977, dans la maison, dite “ de la Sainte Parole ” qui jouxte la précédente, Dieu, lui-même, lui parle du cours de cinq théophanies (manifestations de Dieu). Sa voix sort “ d’un bâton de lumière blanche et aveuglante, haut et mince comme une canne ”. Ces théophanies réunies en cinquante chapitres forment “ le LIVRE ” sommet de la révélation arésienne.


La parole divine s’y exprime en une “ langue impossible ” car c’est “ la langue au delà de toute langue humaine ”. C’est “ l’explosion d’un système mental clos ”. Pour parler plus simplement, c’est difficilement compréhensible au point que Michel POTAY , lui-même, a du en assurer la traduction continu en français courant !...


Il est à noter que la révélation ne se limite pas à ces deux textes essentiels. En effet, pendant quelque temps dans son journal “ le Pèlerin d’Arès ” Michel POTAY a publié une suite de révélations suscitées par l’Esprit Saint. sous le titre “ Les Piliers de la Pénitence ” mais il en a suspendu la publication pour focaliser toute l’attention des adeptes sur “ la Révélation d’Arès ”.

Ce fait mérite d’être souligné car il montre bien que la Révélation d’Arès n’est pas close mais en devenir . La fonction prophétique de Michel POTAY est permanente. Elle ne se réduit pas au rôle de porte-parole, de délivreur de messages. Il a sa part dans leur contenu. Il est acteur et coopérateur.


Le Message - c’est d’abord un message de RUPTURE - rupture vis à vis de pans entiers de la Bible. qu’il expurge vigoureusement en vertu de la mission d’épuration des Ecritures qu’il a reçue de Dieu. Il écarte tous “ les livres d’hommes ” . L’Evangile de Jean est totalement rejeté ainsi que les lettres de Paul et des autres apôtres - ce qui on en conviendra - n’est pas rien ! Quant aux trois synoptiques ils doivent être fondus en un seul sous le nom de “ l’Evangile israëlien ” dont Michel POTAY a donné quelques fragments mais qui attend ultérieurement une parution intégrale . Le “ Notre Père ” est réécrit. Mais il s’agit moins d’éliminer ou de recomposer les “ livres d’hommes ” que de porter un regard nouveau, celui d’Arès sur la Bible et sur le Coran, de “ filtrer sa lecture à travers le tamis purificateur de la Révélation d’Arès ”.



Rupture aussi avec toute Eglise institutionnelle :


Michel POTAY , ancien diacre, prêtre et évêque orthodoxe a visiblement des comptes à règler avec l’institution Eglise et il rejette toute organisation ecclésiale comme il en répudie les rites et les liturgies.


Dans l’Evangile donné à Arès, Jésus ne cesse de tonner contre “ les princes du culte ” et les “ docteurs ” inutiles ou nuisibles à la vie spirituelle. Mahomet est loué de n’avoir pas imposé un clergé à son peuple. Ce que Dieu condamne ce n’est pas l’assemblée fraternelle mais le système aux mains des pouvoirs ecclésiastiques, princes du culte, prêtres, docteurs, dignitaires qualifiés par Dieu même de “ faussaires ” de “princes des hordes” et de “ coucous ” ...!


A qui s’étonnerait de cette condamnation sans appel des structures ecclésiastiques, des rites, des sacrements par un ancien évêque, il est répondu que Dieu a choisi justement un homme de l’appareil car il connait mieux que quiconque la perversité du système , “ ses ruses et ses messages ”.

Ce rejet des structures déborde le champ religieux pou r s’étendre à la société civile. Dans le “ Livre ” , Dieu rejette également “ le roi blanc ” qui évoque le pape, prototype du pouvoir clérical et “ le roi noir ” figure du pouvoir civil. Tous deux défendent les mêmes causes et les mêmes intérêts. Ils sont “ corne et dent ”.


C’est aussi une REVELATION sur DIEU


- un monothéisme strict - la Révélation d’Arès rejette la Trinité et nie la divinité de Jésus réduit à sa qualité d’homme. Mais certains versets sont obscurs dans la distinction entre Jésus et le Christ comme dans les rapports entre Dieu et Jésus. “ L’homme Jésus n’est pas Dieu, c’est le Christ qui est Dieu ” (Evangile 32/2) ou “ Je l’ai fondu en Moi, j’en ai fait un Dieu, il est devenu Moi ”.


- dans la tradition abrahamique - le frère Michel s’inscrit dans une lignée prophétique qui ne comprend pas seulement les prophètes d’Israël et Jésus mais aussi Mahomet qui les dépasse. Par ordre d’authenticité et de valeur, la Révélation d’Arès, le Coran et la Bible sont des livres saints. La foi des Pèlerins d’Arès, nom des disciples de Michel POTAY, s’alimente à cette triple source.


C’est encore une REVELATION Sur le SALUT de L’HOMME et du MONDE


“ L’homme naît sans âme, mais peut s’en créer une s’il sort des ténèbres religieuses et politiques ”. Par delà sa mort, il vit soit avec son âme dans les hauteurs saintes, soit, sans elle, dans les ténèbres glacées. Rejetant toute doctrine réincarnationiste, il promet la résurrection aux fidèles. C’est par anticipation que Jésus en a bénéficié et elle interviendra pour les autres hommes quand ils auront nettoyé la terre de tout mal car le grand travail de l’homme est de changer le monde. La foi a un impact social. Michel POTAY ne cesse de répéter que le monde doit changer, ce qui suppose une action permanente à la fois personnelle et collective.


C’est enfin une REVELATION réservée aux fils d’Abraham


Le Message d’Arès n’a pas une portée universelle. Il ne concerne que les continents de tradition abrahamique , ceux qui réclament de la Bible et du Coran. Il y aura , quand Dieu voudra, des prophètes spécifiques pour l’Asie et l’Afrique, qui feront vis à vis des grandes religions orientales un travail analogue à celui qu’accomplit Michel POTAY envers les religions du Livre.


Cette révélation est évolutive : le message est à la fois donné (“ l’Evangile donné à Arès ” et “ le Livre ”) mais aussi en devenir (“ l’Evangile israëlien ” les “Piliers de la pénitence ”). Dieu par son prophète revisite les texte déjà livrés comme en témoigne le toilettage du “ Notre Père ”.


LES PRATIQUES


Après avoir dénoncé avec violence les pratiques et l’organisation des groupes religieux existants, Michel POTAY , à son tour, donne aux “ pèlerins d’Arès ” des structures et des rites ...


- le pèlerinage à Arès : Arès, lieu de l’ultime Révélation, devient “ la nouvelle Jérusalem ” et donc lieu privilégié de pèlerinage . Chaque année , dans la mesure du possible , l’adepte est fidèle à ce ressourcement à la “ Maison de la Sainte Parole ” qui est ouverte , trois fois quinze jours en été, aux pèlerins vêtus d’une tunique blanche et les pieds déchaussés après avoir professé que Dieu se révèle à travers la Révélation d’Arès, le Coran et la Bible et adhéré au commandement de l’amour.


- la prière personnelle à Dieu pour changer son coeur afin de changer le monde. Le fidèle est invité à prier trois fois par jour et une fois la nuit, le visage tourné vers Arès et les mains levées vers le ciel, à l’aide de la prière “ Père de l’Univers ”, version revue et corrigée du “ Notre Père ” chrétien.


- cinq rites “ signes d’engagement envers Dieu ” un peu à la manière des sacrements chrétiens sont mis en place progressivement par Michel POTAY et, pour certains requièrent l’initiative et la créativité des “ pèlerins d’Arès ”.


+ le baptême dont certains des rites ont été fixés par le Christ lui-même (Evangile 2à , 3-8) mais qui ressemble davantage à une ablution de type musulman plutôt qu’au baptême chrétien.


+ la mémoire du sacrifice dont le rituel est encore en gestation


+ le septième jour dont “ le choix du jour où il tombera, jour qui peut être mobile incombe au frère Michel quand il le jugera opportun


+ les rites des épousailles et des funérailles ont été précisés et sont pratiqués habituellement.


On observe, au fil des années, un éloignement progressif du contexte chrétien d’origine au bénéfice de l’Islam.


- Prédication : les pèlerins d’Arès annoncent publiquement la bonne nouvelle dans les lieux publics, mais ils ont renoncé au porte à porte qui les faisait confondre avec les Témoins de Jéhovah auxquels ils n’aiment pas être identifiés.


- Participation financière : les fidèles sont invités à verser à la Mission d’Arès cinq pour cent de leurs revenus “ J’établirai pour toi la demi-dîme pour redevance ; celui qui recevra cent valeurs t’en remettra cinq et ce qu’il te versera, c’est à moi qu’il le versera. ”



ORGANISATION ET EXPANSION


Le centre géographique du mouvement est évidemment à Arès en Gironde près d’Arcachon et plus précisément à la “ Maison de la Sainte Parole ”. En France une vingtaine de petits centres relaient l’action du mouvement. Dans l’agglomération lyonnaise quelques dizaines d’arésiens se retrouvent à dates régulières pour échanger, lire et prier. A Lyon, leur permanence est située 8 rue d’Algérie dans le 1er arrondissement.


Le mouvement édite une revue trimestrielle bilingue (français, anglais) “ Le Pèlerin d’Arès ”. Il est déclaré comme association loi 1901 sous le nom de “ L’oeil qui s’ouvre ”.


Michel POTAY qui a renoncé depuis quelques années à son activité lucrative de guérison à distance par correspondance consacre désormais tout son temps à la Mission d’Arès. Il donne des conférences à Paris et dans plusieurs villes de France et de Suisse. Affiches et tracts annoncent “ des prophéties percutantes ” ainsi qu’un “ plan de libération pour bâtir une nouvelle civilisation de bonheur dans l’amour , l’équité, la liberté ”.


EVALUATION


C’est un PROPHETISME que l’on retrouve dans un certain nombre de groupes religieux émergents. Pour eux, à chaque temps correspond un nouveau prophète. Ici, après Moïse, Jésus et Mohamet, vient Michel POTAY. Il a reçu mission de Dieu lui-même : “ Conduis mon peuple sur mes hauteurs saintes ” (Evangile 40/5) ce qui ne supprime pas sa liberté d’action pour épurer les Ecritures “ traduire ” le langage hermétique des théophanies (Le Livre) et préciser les rites. La Révélation d’Arès donne aussi dans l’opposition habituelle entre “ le prophète ” et “ la classe sacerdotale ”. La libération spirituelle de l’homme passe par la remise en cause des structures des clergés et des rites.


C’est aussi un SYNCRETISME dans le contenu du message et dans les pratiques. De larges emprunts sont faits au christianisme dans certains rites d’aspect sacramentel mais aussi à l’Islam soit dans l’affirmation d’un strict monothéisme soit dans le rôle capital du pèlerinage ou la récitation des prières quotidiennes le visage tourné vers la cité sainte.


C’est un mouvement de REVEIL , de REVITALISATION

qui retient un certain nombre d’élément des anciennes religions tout en y ajoutant d’autres composantes jugées mieux adaptées aux nouveaux défis. Ainsi il garde le caractère unique de l’existence humaine contre les tenants de la réincarnation . Ainsi défend-il la valeur intangible du mariage. Mais, en même temps il vise à intégrer le message coranique dans un Occident à forte présence musulmane.



Le nouveau “ Notre Père ”


“ Père de l’Univers, Toi seul est Saint ”

Que règne sur nous Ta Sainteté,

pour que nous fassions Ta Volonté

pour que nous recevions notre nourriture,

pour que nous puissions pardonner et recevoir pardon,

pour que nous résistions aux tentations

et que soit abattu le malin,

pour que règnent à jamais sur nous

Ta Sainteté, Ta Puissance et ta Lumière.


Evangile 12/4




Bibliographie

- “La révélation d’Arès (“ L’évangile donné à Arès ” et “ le Livre ” ) - Edition “ Maison de la Révélation . Il existe une édition en français et en anglais.

- Michel POTAY et la Révélation d’Arès - de Jean-François MAYER - Edition “ Les trois Normes à Fribourg ”.


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